Water

Interprétation des poèmes de Georges Schehadé et de Nadia Tuéni sur l’eau.

Illustrations are 100% traditional. Done with acrylics on acetate. (see closeups here)


Lorsque nous aurons
Des plages douces à toucher par le regard
Et cette vie où l’ombre s’écarte du jour
Le repos viendra avec ses trésors
Vous et moi sur la terre des plages
Ô mon amour qui demandez au sommeil des voyages.

Georges Schéhadé
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Il suffit d’un regard pour que germe la haine
et défèrle l’angoisse au fond des galaxies
il suffit d’un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les epaves de toi
Il suffit d’un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l’amour

il suffit d’un regard pour se tordre et s’enfuir
et d’un regard aussi pour que gicle le rêve!

Il suffit d’un regard pour que gronde la pierre
d’un regard qui embrasse et moule l’univers
il suffit d’un regard pour dans une prière
voir s’étendre la vie au néant vaste et mou!

Nadia Tuéni, Les textes blonds,1963

Reviendras-tu si je disais la terre est au bout de tes doigts
comme une branche calcinée et déjà refroidie?
les oiseaux sont morts plusieurs fois a pic contre tes cheveux blonds
ils avaient adopté la mer pour vice
à cause des algues sonores
et des pistes qui se défont
lentement
trop tard pour naître chaque instant
à genoux devant des visages où toute couleur est hostie

comme une gorge prise au bétail qui dévore un rayon de soleil

reviendras-tu si je disais la mer est au bout de tes doigts?

Nadia Tuéni, l’Age d’ecume,1965

Le corbeau qui dérange l’étudiant
En buvant l’eau fraîche des arbres dans le pays de ma mère
N’a pas la plume noire du souci

Compagnon des puits dans la lumière
Et du chevreau seulement endormi
Ce n’est pas lui qu’on désigne comme la mort

Ses ailes sont ouvertes à demi
Juste le temps de noircir une brouette

Georges Schehadé, Si tu rencontres un ramier, 1951

C’est encore une fois l’automne
Le jardin court derrière ses feuilles

Personne n’est plus là :
Les fenêtres les gens
Mais le vent

Il y a une lune oubliée
Dans le ciel comme une figure

En souvenir du bel été
À boire disait une fontaine

Georges Schéhadé

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4 Comments

  1. Hello! cette fois-ci je laisse un commentaire car je passe souvent sur ton blog et je le trouve très bien fait! je lance moi aussi un blog et j’aimerais qu’il soit aussi bien 🙂 a bientôt

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